1/Une petite présentation, Dites nous comment vous avez démarré le rap ?
Contrairement à beaucoup d’autres artistes, ça m’est venu vraiment tard ! A une époque où le besoin d’écrire un « journal intime sonore » s’est fait sentir. Les débuts n’ont pas été évidents, je ne connaissais rien au processus de création et il fallait que je me structure. La débrouillardise et quelques rencontres, notamment avec de beatmakers comme Phonik ou Madbra, m’ont permis alors de mettre mes premiers sons sur myspace. On devait être en 2003 ou 2004, par là.
2 / Pouvez vous nous parler de votre album « A CŒUR OUVERT» ? Pourquoi ce titre ? A-t-il une signification particulière ?
Si par signification particulière tu entends un « sens caché », alors la réponse est non. Le titre est l’illustration de ce dont je parlais juste avant : un journal intime sonore. Chacun est libre de concevoir sa musique comme il l’entend. Clairement, il y’a certains thèmes qui me semblent incompatibles avec ma philosophie et qui ne sont pas abordés. J’essaye de ne pas porter un regard trop critique sur le rap ni de juger les autres, tout ce que je veux dire c’est que pour rester fidèle à moi même j’ai préféré un album « intimiste » qui parle à un public assez large. Le fond est primordial, à partir du moment où tu es écouté, tu ne peux pas dire n’importe quoi !
3/ De quoi parle cet album ? Parlez du processus de création (texte, musique) de cet album ?
L’album aborde évidemment différents thèmes, faire une liste exhaustive me paraît difficile, je laisse donc le soin aux curieux de s’y plonger. En tout cas, l’amour, les souvenirs, la mort ou encore les mensonges et le mal-être sont des thèmes qui reviennent souvent dans l’album. Cet album, au fond, c’est peut être une analyse de la vie à laquelle peut s’identifier presque n’importe qui.
Concernant le processus de création, j’essaye de rester simple dans ma manière d’écrire, dans le sens où je privilégie des mots dont l’impact sera immédiat. Faire de la poésie que personne ne comprend à la première écoute, c’est pas mon truc ! Par contre, si avec des mots simples, je peux offrir différentes lectures, là ça m’intéresse. Au niveau de la musique, c’est pareil. Il faut savoir être cohérent, je ne fais pas du « lourd », donc je m’adapte avec ma voix et mes textes…
4/ Combien de temps avez-vous mis pour faire cet album ?
Ca a été long ! J’ai du mettre deux ans à m’organiser pour trouver le bon studio, c’est-à-dire celui où je me sentais à l’aise quoi, et les bons partenaires pour travailler. Il fallait que je me trouve moi même aussi. Avec le recul, je pense que la première qualité d’un artiste doit être la patience.
5/ Parlez nous de vos différentes collaborations (artiste, beatmakeur)
Je connaissais Tony Danza (Frenchkick ndlr) depuis un moment. Quand je me suis lancé dans l’album, je n’avais pas pensé à lui directement, mais les circonstances ont fait que l’on a bossé ensemble. Au final, il y’a 5 de ses prods sur l’album. Les 7 autres sont de Nizi.
Pour les featurings, on retrouve Karna (seul rappeur de l’album), un gars que j’apprécie beaucoup humainement et artistiquement. Sa présence sur l’album était évidente pour moi. Il y’a également une touche plus douce avec Sara Eden. Elle, c’est peut-être la seule chanteuse rnb française que j’arrive à écouter ! Au delà de la voix, elle écrit des textes qui ont du sens. J’attends son album solo avec impatience ! Enfin, on retrouve Zaz, je crois qu’on n’a plus trop besoin de la présenter. C’est un véritable honneur qu’elle soit sur l’album. Une personne au grand cœur, elle reflète bien l’esprit général de l’album.
6/Comment vous vous êtes organisé pour la distribution du projet ?
Là on retrouve la débrouillardise ! J’ai fait pressé 2000 albums que je distribue gratuitement au gré de mes rencontres. Forcément, c’est difficile de tout écouler en une semaine. Rien ne presse, l’avantage quand tu n’as pas une date de sortie officielle ou que tu n’as pas de rotation radio, c’est que tu n’as pas besoin de faire du chiffre au lancement. De plus, tu apportes toujours un produit « frais » à celui qui va te découvrir, c’est un vrai plus.
7/ Est-ce que vous vous qualifiez comme un artiste UNDERGROUND ? Avec votre projet, êtes vous sur de toucher un public plus large ?
Ca dépend de ce qu’on appelle underground… De manière générale, j’essaye de ne pas me mettre dans une case. Pour autant, on ne peut évidemment pas dire que les lumières sont sur moi.
S’agissant du public, comme je le disais un peu au début, les textes sont assez variés et ma façon de poser est assez atypique. C’est un avantage et un inconvénient à la fois. Je fais avec mais c’es forcément plus abordable pour un public peu familier au hip-hop. Quand je distribue l’album, je ne joue pas au physionomiste, c’est pour tout le monde !
8/ Vous pensez à votre image, est ce que c’est très important à vos yeux ? Internet est-il un bon moyen pour vous mettre en valeur ?
Oui, mais on est à une époque où contrôler son image n’est pas chose facile. Qu’on le veuille ou non, on ne peut pas avoir la main mise sur tout ce qui s’écrit ou se dit. Après, l’image qu’on se fait de quelqu’un c’est très subjectif, c’est de l’ordre du ressenti et de la perception. Les gens peuvent penser ce qu’ils veulent, c’est leur droit. Au fond, on a beau essayer de soigner les choses, on n’est jamais à l’abri.
Internet, c’est un outil puissant qui peut nous desservir par rapport à notre image justement. Pourtant, on ne peut pas faire autrement pour avoir un peu de visibilité. L’idée de sortir un album physique est aussi venue pour rompre avec cette image de « rappeur internet ». Le mp3 c’est bien, mais le CD physique c’est mieux !
9/ Merci de nous accordez cette interview, laissez nous vos coordonnées pour nos lecteurs.
L’EQUIPE UNIVERS RAPSODY










